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Cyclisme. Alexandre Léauté : « Le vélo, c’est une passion avant d’être mon métier ! »

À 23 ans, Alexandre Léauté, cycliste handisport hors pair, compte 4 titres européens, 13 nationaux, et 15 mondiaux. Médaillé aux derniers Jeux, son parcours atypique depuis le pôle espoir de Bayonne est retracé par notre rédacteur Mano Le Bris avant les prochains jeux paralympiques de Paris.

Alexandre Léauté, en situation de handicap depuis la naissance, est un athlète cycliste handisport hors norme. À seulement 23 ans, son palmarès est fourni : 4 fois champion d’Europe, 13 fois champion de France, 15 fois champion du monde (dans toutes les disciplines pistes et routes). Lors des derniers Jeux Paralympiques (JOP), il ajoute à la France 1 médaille d’or, 1 d’argent et 2 de bronze. Il commence à gagner des titres en 2018, en intégrant le pôle espoir français de Bayonne, en parallèle de son BTS maintenance industrielle dans la même ville.

– Comment le sport est venu dans votre vie, malgré le handicap ?

– Je suis rentré dans le monde du sport grâce au football à 4 ans, comme beaucoup pour être avec les copains après l’école. À mes 13 ans, le club s’est agrandi, est devenu plus compétitif, j’ai décidé d’arrêter et de commencer le vélo comme mon père, mais aussi comme mon oncle et mon grand-père. J’ai commencé au VCPL de Loudéac, j’étais avec les valides, sans être très bon, mais ça m’a permis par la suite d’intégrer une équipe handisport, l’urt vélo 64 au Pays Basque. Ça a toujours été une passion avant d’être mon métier.

– Comment est-ce que vous réussissez à allier le sport et votre vie personnelle ?

– Faire du vélo, c’est mon métier, mais aussi ma passion, lier les deux est parfois dur, mais ça reste une chance folle de pouvoir le faire. Mon entourage me soutient, peu importe les résultats, que je réussisse ou non, ils sont là. Grâce à ça, je voyage beaucoup, c’est parfois compliqué, mais mes proches comprennent et sont fiers de moi. On est un peu pudiques dans la famille, donc ils ne me le disent pas trop, mais ils ont déjà pris leurs billets pour les prochains JO.

Alexandre Léauté célébrant sa victoire en course en ligne lors de la Coupe du monde de para cyclisme aux États-Unis. ©JB.Benavent/UCI

– Avez-vous un modèle qui vous inspire dans le cyclisme ?

– Oui, Stéphane Kung, c’est un cycliste suisse valide, mais il m’impressionne par sa mentalité. Il est humble, simple et impliqué. Il est très bon dans le contre-la-montre, la discipline que j’aime le plus. C’est une épreuve chronométrée sur une distance donnée, c’est hyper tactique et intéressant, et j’aime ça, car on est seul face à nous-mêmes.

– Comment avez-vous vécu le fait d’être jeune et exposé, vis-à-vis de vos performances physiques et de votre handicap ?

– Ma primaire s’est bien passée, mais le collège s’était plus compliqué. Les jeunes à cette période se cherchent et te stigmatisent, tu n’as pas les dernières Nike alors, tu es différent, donc moi avec mes chaussures orthopédiques, c’était compliqué… Un peu de harcèlement, mais aujourd’hui, c’est du passé, ça m’a forgé un mental plus dur.

– Des objectifs pour les mois à venir ?

– Les JOP de Paris ? Il y a 99,9% de chance que j’y sois. Normalement, je devrais être contacté en juin 2024, 1 mois à l’avance. C’est dur, car on est 15 candidats pour seulement 10 retenus, mais je me sens encore en forme pour représenter mon pays. Sinon, je participe au championnat du monde sur piste au mois de mars prochain à Rio. Je suis aussi sélectionné pour les manches de coupe du monde sur route au mois de mai qui se dérouleront en Italie et en Belgique notamment. Pour l’instant, je me concentre sur ces deux événements, le futur, on y pensera après.

Alexandre Léauté en entraînement au Vélodrome de Bretagne à Loudéac ©JB.Benavent/UCI

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