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Correspondance internationale. Ces anciens étudiants de Lannion sont devenus des journalistes à l’autre bout du monde.

C’est dans le cadre d’un cours que les étudiants en première année de journalisme à l’IUT de Lannion ont pu rencontrer d’anciens élèves. Se déroulant en visioconférence, les journalistes en devenir ont pu avoir un échange privilégié avec ces professionnels, désormais installés depuis de nombreuses années dans différents pays à travers le monde. Lors de ces échanges, Louise Raulais, journaliste TV au Brésil, ainsi que Lucile Chaussoy et Kilian Le Bouquin, tous deux reporters TV en Afrique, sont chacun revenus sur leurs parcours et expériences de journalistes à l’international.

– – Louise Raulais – –

Qu’elle doit lui sembler loin, cette époque, pour Louise Raulais. Celle où, il y a dix ans, elle franchissait pour la première fois les portes du DUT journalisme de Lannion. Lors d’une visioconférence avec les élèves de première année de son ancienne formation, Louise s’est livrée sur les rouages de sa carrière avant d’aborder sa vision actuelle du métier.

C’est après une première année de droit à l’université d’Angers que Louise Raulais va se lancer dans ce DUT journalisme. À partir de 2014, elle va se spécialiser dans la radio en s’engageant dans l’émission de radio étudiante TTU. Avant d’opter pour un échange international d’un an à l’université de Brasilia qui lui a permis de découvrir le Brésil. Par la suite, Louise va finir sa formation en 2018, toujours à Lannion, avant de se lancer dans le grand bain.

De correspondante locale à journaliste au Brésil

En parallèle, Louise va multiplier les expériences professionnelles. Déjà Correspondante Locale de Presse pour le Courrier de l’Ouest avant son arrivée à l’IUT, elle va aussi faire des stages à Ouest France, Sud Ouest, France Bleu et RFI au fil de sa formation. C’est finalement chez « chambre avec vue production » basée à Rio de Janeiro que Louise décidera de poser bagages.

Voilà bientôt six ans que Louise travaille au Brésil pour cette société de production, bien qu’en même temps, la journaliste ait été en freelance pendant plus de deux ans pour Ouest France avant d’arrêter par manque de temps. « Mon emploi du temps était parfois trop rempli, m’empêchant de pouvoir mener à bien certains reportages. » explique la rédactrice.

À la fois journaliste reporter d’image (JRI), rédactrice et monteuse, Louise Raulais explique que ce sont ses échanges entre le Brésil et la France qui lui ont permis de se former aux différentes techniques cependant elle confie que pour elle « travailler à l’étranger, n’avait rien de sûr, ce n’était qu’une idée dans un coin de ma tête, mes envies ont évolué entre la première année et aujourd’hui. »

« Les conditions de vie et de travail changent »

Entre la coupe du monde de football en 2014, les JO en 2016 et la destitution de Dilma Rousseff la même année, le Brésil s’est régulierement trouvé au centre de l’actualité cette dernière décennie. Louise Raulais confie « je n’ai pas couvert cette période, mais pour vivre avec des gens qui l’ont fait, la demande des médias était très forte ! »

Avec la fin de l’ère Bolsonaro et le retour de la gauche au pouvoir, l’actualité semble devenir plus calme. Cependant, Louise explique qu’elle a récemment connu sa propre période de rush : « La coupe du monde 2022 était très suivie par ici, puis il y a eu l’élection et l’investiture, ainsi que la mort de Pelé et le carnaval. » Avant de reprendre « pendant plusieurs mois, l’actualité était très chargée, nous sommes de moins en moins de journalistes, ce qui rend ces rushs encore plus compliqués à gérer. »

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« En 5 ans, j’ai vu une baisse du nombre de correspondants français à Rio. En 2018, nous étions 25, aujourd’hui, nous sommes plus qu’une dizaine. »

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Louise Raulais

Ayant déjà couvert deux périodes électorales, Louise explique que l’actualité vient par vagues, « il y a des périodes creuses et des périodes surchargées. » Louise Raulais a pu constater que la présence ou non des journalistes dépend soit de l’intérêt pour le pays, soit de la question budgétaire « Le nombre de journalistes sur le terrain fluctue en fonction de ça » développe la journaliste. Selon elle, ces changements ont un impact certain et de plus en plus fort sur la vie des journalistes qui restent, la journaliste conclut « nos conditions de vie et de travail changent, mais la demande augmente. »

– – Lucile Chaussoy et Kilian Le Bouquin – –

Quelques années plus tard, en 2017, c’est au tour de Lucile Chaussoy et Kilian Le Bouquin d’entrer à l’IUT de Lannion. Toujours au format DUT, ils vont avoir un parcours académique similaire à celui de Louise Raulais. C’est en faisant une année à l’étranger, en complément de leurs DUT de journalisme à Lannion, qu’à l’époque, les deux jeunes journalistes ont réussi à tirer leur épingle du jeu pour, par la suite, devenir journaliste TV à l’international.

Un parcours remarquable à double titre !

Mais c’est aussi par la multiplication des expériences par le biais de stage, que très vite les deux jeunes ont réussi à se rapprocher de leur but : « on a toujours su que l’on voulait devenir journaliste TV à l’international » explique Lucile Chaussoy, avant que Kilian Le Bouquin ajoute « il est important de se concentrer sur les stages et les concours dans des médias français pour ensuite s’en servir comme tremplin pour tenter l’international ! »

Ce conseil que donne Kilian, il l’a appliqué à lui-même : « Après que l’on ait obtenu notre diplôme, on a tenté d’obtenir la bourse Jean d’Arcy de France Télévisions » Tentative fructueuse pour Kilian qu’il l’a remportée en tant que JRI.

 Kilian Le Bouquin en reportage pour France 2 dans le désert du Sahara, Mauritanie © Lucile Chaussoy

Le duo, passé en stage chez des médias tel que Reuters TV, TF1, TVR ou le groupe M6, s’est spécialisé dans la télévision, chacun ayant un rôle spécifique : elle, est reporter tandis que lui est journaliste reporter d’image (JRI). Cette appétence pour la télévision commence dès l’IUT, lorsqu’ils étaient tous les deux des membres de l’association TV étudiante Report’ouest. Plus tard, c’est à deux qu’ils iront faire un stage à Madrid en 2020, puis en Colombie l’année suivante.

Depuis que le duo travaille à l’international que ce soit en Espagne ou en Afrique, ils produisent du contenu tous les deux ou avec d’autres personnes : « cela dépend du format, de la demande et de l’actualité… » explique Kilian avant de développer « demain, on peut faire un long format pour Envoyé Spécial ou Arte, ou bien format plus classique pour le JT du 20h ».

Et maintenant ?

Depuis leur arrivée en Afrique, le travail de Lucile et Kilian est, pour eux, symbole de briseur de routine : « Sur un mois, nous passons environ la moitié du temps dans d’autres pays pour nos reportages, le reste du temps, c’est du montage dans la capitale » explique Lucile Chaussoy. « Pour le moment partir de Dakar n’est pas à l’ordre du jour » précise Kilian, avant d’expliquer « des fois, on se pose la question, notamment pour la famille et les amis présents en France, mais ici à Dakar, nous avons aussi des amis que nous nous sommes fait au fil des années ».

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« Ça peut être difficile, mais c’est le prix à payer pour pratiquer, ce qui est pour moi le plus beau des métiers ! »

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Kilian Le Bouquin

Bien que passionné par ce métier, les deux journalistes savent qu’ils ne feront pas ce métier éternellement, « il faut profiter maintenant, pour ne pas avoir de regrets ! », explique Lucile. Mais pour l’heure, Lucile comme Kilian sont encore dans la fleur de l’âge pour ce métier, ils veulent encore rester en Afrique pour les raisons citées précédemment. Pour le futur, l’objectif serait de plus toucher aux longs formats et au terme de leur contrat avec France 2, le duo pourrait « s’essayer aux terrains de guerre. » Il leur a fallu de l’ambition pour arriver jusque-là, et une chose est sûre, l’ambition ne leur manquera pour le futur, que ce soit demain pour le journalisme ou plus tard dans un autre métier.

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