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Buzz Booster. Qui est BSH Kreep, qui représentera les Côtes d’Armor lors de la finale régionale du concours de rap ?

Alors que la finale régionale du concours Buzz Booster approche à grands pas, revenons sur l’expérience captivante de BSH Kreep, lauréat de l’étape costarmoricaine du 9 mars dernier. Surpassant 17 candidatures, dont celles de deux autres artistes briochins, Azzou et Dellati, il s’est finalement distingué en tant que grand vainqueur. Qui est Hugo Bléteau, alias BSH Kreep, qui représentera fièrement les Côtes d’Armor lors de la finale le 12 avril prochain ? Découvrons-le à travers cinq questions.

– – LE ZOOM – –
Buzz Booster, avec son réseau couvrant onze régions de France, repère et soutient les talents émergents du rap. Après une première sélection effectuée par un jury de professionnels, les artistes entament une compétition à l’échelle régionale, puis départementale, dans le but d’atteindre la phase nationale qui se tiendra les 19, 20 et 21 juin 2024 à Lille. Le graal de cette aventure ? Saisir l’opportunité de remporter les 15 000 € en jeu, tout en ayant la chance de se produire dans les prestigieux lieux partenaires de Buzz Booster, devant un public passionné par cet art.

– Qui est BSH Kreep ?

– Je m’appelle Hugo Bléteau, j’ai 26 ans et je me produis sous le nom de scène BSH Kreep. Je suis originaire de Saint-Brieuc, où j’ai passé une bonne partie de ma vie. Maintenant, je suis basé à Rennes. J’ai toujours baigné dans le rap, cela fait environ 10 ans que j’en fais. À la base, je me suis lancé avec quelques potes pour rigoler, mais en réalité, cela m’a toujours fait rêver. Aujourd’hui, c’est plus sérieux : je fais de la jersey mais je veux apporter quelque chose de nouveau, de plus chantant, de plus dansant, sortir des frontières et clichés qui peuvent régner dans le rap et particulièrement dans la jersey. Dans ce que je veux aborder avec le rap, je ne me fixe aucune limite : joie ou tristesse, dépression ou espoir, pour moi, il est important de rapper sur tous les thèmes qui composent ma vie. La vérité, c’est que j’ai toujours voulu chanter ; ma grand-mère le faisait aux repas de famille, moi aussi je voulais prendre le micro et le faire : aujourd’hui, c’est le cas.

Pourquoi t’es-tu lancé dans le rap ?

– Ça fait 10 ans que je fais du rap. Aujourd’hui, je me concentre principalement sur la Jersey, mais en réalité, je ne me fixe aucune limite dans les thèmes ou dans les compositions de ma musique. Ce que j’aime, c’est rapper la vraie vie, pas celle où le rap se réduit aux seuls quartiers ou à la drogue. Je m’inspire beaucoup de rappeurs américains comme Travis Scott, Kanye West ou Kid Cudi, et dans une moindre mesure, de Marshmello. Mais le rap français m’attire aussi, avec des grands noms tels que Laylow, Josman, Favi et Kerchak. Pour moi, il est important d’élargir la Jersey en tant que style de rap, en apportant une facette plus chantée. C’est ce que j’essaie de faire dans mes musiques : sortir des clichés, aborder de nouveaux thèmes et surtout faire ce qui me plaît.

– Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

– J’en ai déjà cité beaucoup, mais je pense surtout à Green Montana. Dans la drill, il est sorti des codes classiques popularisés par Gazo, Ziak ou Raspoutine. Green Montana a apporté son style à la drill, quelque chose de plus mélodieux, qui va à contre-courant de ce qui se faisait dans le milieu. Il s’est mis à chanter sur de la drill alors qu’à l’époque, les sons les plus populaires restaient sur un thème bien énervé, bien brutal. De mon côté, j’ai envie de continuer le travail de Kerchak ou Favé, mais sur un angle qui me parle davantage. En tout cas, c’est ce que j’aspire à faire dans mes différents projets.

– Quel artiste veux-tu devenir ?

– Je ne veux pas forcément devenir un artiste mainstream ou quoi que ce soit, je veux simplement me concentrer sur ce qui arrive demain. Faire ce qui me plaît et voir où ça me mène, c’est le plus important. Si ça s’arrête demain, tant pis, j’aurais essayé et j’aurais apprécié chaque étape pour arriver là où je suis. En soi, il n’y a pas vraiment d’artiste prédéfini que je veux devenir : je veux juste suivre mon propre parcours, que ce soit dans Buzz Booster ou ailleurs, et surtout rester humble dans le travail que je fournis. Pour le moment, j’ai sorti deux projets, le troisième est prêt, et avec mon équipe, nous travaillons sur les visuels et les clips. Je ne veux pas trop en dire pour le moment, mais ça sortira dans l’année.

Pour le moment, l’artiste breton compte deux projets dans son répertoire : « Tout pour la scène » (à gauche) et « Les loges » (à droite). © Hugo Bléteau

– Ce projet représente la promesse de ce que je veux développer : de la Jersey avec une touche personnelle qui me correspond. Je suis impatient de pouvoir le faire écouter. Dans le rap, je suis encore au début de mon parcours. J’ai déjà réalisé une dizaine de scènes en Bretagne, notamment à l’Échonova (Saint-Avé) le 9 décembre dernier. Le problème, c’est que je me suis concentré à 100 % sur la création musicale. Maintenant, nous travaillons à développer nos contacts. Pour l’instant, l’objectif principal est la finale départementale de Buzz Booster le 12 avril prochain. On va tout déchirer !

Comment te sens-tu à quelques jours de la finale départementale de Buzz Booster ?

– Ça fait déjà trois fois que je tente ma chance pour participer à Buzz Booster. Depuis 2018, j’essaie d’être sélectionné, mais j’ai eu des problèmes de santé qui m’ont éloigné de mes objectifs pendant un certain temps, puis il y a eu la période de la Covid-19 qui a été compliquée pour nous, les artistes. Mais aujourd’hui, tout va mieux, et je suis déjà allé plus loin que les autres fois. Maintenant, c’est que du bonus, et c’est pour cela que je n’ai pas particulièrement de pression ou d’appréhension. Je veux juste me donner à fond face aux trois autres artistes qui seront en compétition avec moi vendredi prochain. C’est déjà une aventure extraordinaire qui offre un peu de visibilité. Ce concours, je le vois comme une occasion de montrer ce que je sais faire. Si ma prestation ne plaît pas au public vendredi prochain, ce n’est pas grave, c’est juste que je n’ai pas trouvé le bon public. Des grands noms comme Kikesa ou Warend sont déjà sortis du concours sans forcément le gagner. Ils se sont démarqués grâce à leur identité et à leurs projets construits autour d’eux. Vendredi, c’est bien ce que je compte faire. Si ça plaît, tant mieux, sinon pas grave, je serai resté moi-même. J’ai qu’une envie en tête : y aller et tout casser !

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