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Buzz Booster. Qui est Boogie, le rappeur qui représentera la Bretagne lors de la finale nationale du concours de rap ?

Le 12 avril dernier, Boogie s’est distingué au sein de l’étape régionale du Buzz Booster, regroupant trois autres rappeurs : Harry, Keda et BSH Kreep, chacun représentant un département breton. Le rappeur devra se différencier à nouveau lors de la phase nationale, afin de, peut-être, remporter l’édition 2024 du concours de rap. Une question demeure : Qui est Alfred, alias Boogie, l’unique porte-drapeau des couleurs bretonnes lors de la finale nationale qui aura lieu du 19 au 21 juin prochain. Découvrons-le à travers cinq questions.

– – LE ZOOM – –
Buzz Booster, avec son réseau couvrant onze régions de France, repère et soutient les talents émergents du rap. Après une première sélection effectuée par un jury de professionnels, les artistes entament une compétition à l’échelle régionale, puis départementale, dans le but d’atteindre la phase nationale qui se tiendra les 19, 20 et 21 juin 2024 à Lille. Le graal de cette aventure ? Saisir l’opportunité de remporter les 15 000 € en jeu, tout en ayant la chance de se produire dans les prestigieux lieux partenaires de Buzz Booster, devant un public passionné par cet art.

– Qui est boogie ?

– Je suis un jeune artiste de la scène rennaise, mais en réalité, je suis arrivé il n’y a pas très longtemps. À la base, je viens de Carhaix : la terre des Vieilles Charrues. Là-bas, j’ai baigné dans la musique, c’est là où j’ai commencé à en faire, à reproduire ce que j’écoutais, à simplement me faire plaisir en découvrant le monde de la musique. Sur Rennes, on commence déjà à faire un peu de bruit avec mon équipe : mon DJ Tonton Skit, mon backeur Marlow et mon ingénieur du son Requin. Depuis le début, je suis un vrai self-made man, je m’enregistre et j’essaie de mixer tout seul. Puis cette année, je suis entré en école d’ingénieur du son, afin d’acquérir toutes les compétences pour faire de la musique seul. Ça commence tranquillement, je suis fier de tout faire moi-même accompagné de mon équipe et de bons mentors comme Savi Combo pour la scène, Daticha pour l’élocution et Daniel Lenevette du One Id Studio. Pour moi, il faut toucher à tout dans ce domaine pour se démarquer et connaître la musique que l’on crée.

– Pourquoi t’es-tu lancé dans le rap ?

– À Carhaix, j’ai esquissé mes premiers sons en troisième. C’est vraiment à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser à cet autre versant de la musique, celui de la création. J’écoute du rap, et plus globalement de la musique, depuis que je suis tout petit, mais créer de la musique, c’est différent. Au départ, je rappais pour reproduire ce que j’entendais : beaucoup de rap anglophone et un peu moins de francophone. À l’époque, le rap américain avait des flows et des prods que je ne retrouvais pas dans le rap français, j’adorais ce style et je voulais simplement le reproduire pour me faire plaisir. Je ne comprenais pas leurs paroles, mais mon objectif était de reproduire leurs sonorités. Aujourd’hui, à 22 ans, je fais de la scène depuis que je suis arrivé à Rennes, ça s’accélère pas mal, on enchaîne beaucoup cette année. C’est un autre élément qui m’a donné envie de faire de la musique, c’est le contact avec le public, les faire bouger je trouve ça fou. Prochainement, je serai présent à la fête de la musique à Rennes et au Trevad Festival à Quimper. Être sur scène est devenu quelque chose de vachement important pour moi, autant que le studio. C’est ce que je trouve le plus beau dans cet art : extérioriser ses émotions, vivre sa passion et voir que ça peut toucher du monde. Il y a une certaine communion et voir ce que ça apporte, c’est incroyable !

– Quels sont les artistes qui t’inspire ?

– Comme je l’ai dit auparavant, je suis plus inspiré par la scène US. C’est pourquoi, au début, je me suis beaucoup inspiré de la génération de Kanye West, Travis Scott et XXXTentacion, car c’est ce que j’écoute et c’est ce que je voulais retrouver dans le rap français. Aujourd’hui, même si ces générations ont toujours une influence sur ce que je produis, je m’inspire davantage de la scène du Bronx, comme Kay Flock et Kyle Richh et un peu des artistes francophones. J’ajoute ma touche personnelle à leurs sonorités, d’une certaine manière, dans la musique, je crée ce que je voulais écouter.

Pour le moment, Boogie a sorti trois projets sur les plateformes de streaming, en plus de ses différents singles.

– Quel artiste veux-tu devenir ?

– Pour l’instant, je veux achever ma carrière de jeune rookie dans le rap, devenir encore un peu plus indépendant et complet. C’est de là que vient mon nom de scène : Boogie, tiré d’un film du même nom, où l’on découvre Alfred, comme mon prénom, un basketteur surnommé Boogie sur le terrain. Le basket, la culture Hip-Hop de ce film, c’est aussi une partie de ce que je veux mettre en avant dans mes sons. Ce nom résonne également avec la danse, correspondant à mon style très énergique. Pour moi, faire du rap englobe la création de prods, le mixage, l’écriture… Je veux toucher à tout et m’entourer des bonnes personnes pour développer ces compétences, car c’est ce qui me permettra de devenir un vrai self-made man. À long terme, je vise à devenir un artiste accompli ; je pense que c’est l’objectif de chaque artiste dans ce milieu. Enfin, mon plus grand rêve serait d’atteindre le grade le plus élevé et d’être inscrit au « Hall of Fame ». Si je peux être reconnu comme une référence dans mon domaine, ce serait le summum. Je donne tout pour cela, et nous travaillons dur avec mon équipe pour y parvenir. Pour l’instant, nous rencontrons un petit succès, notamment avec Go, qui a bien marché sur TikTok et cumule 400 000 streams sur les plateformes. Mais également avec Focus, où nous avons samplé David Guetta et avons intégré notre première playlist Spotify. Mon but premier est de laisser une trace ; si ma musique peut inspirer et encourager d’autres jeunes à se lancer, alors j’aurai tout gagné, et cela sera ma plus grande fierté.

– Après avoir remporté la finale régionale, comment se préparer efficacement en vue des étapes à venir, notamment la finale nationale ?

– Je suis déjà très satisfait de ce parcours. La vérité, c’est que j’avais déjà participé au Buzz Booster en 2021, et nous n’avions pas franchi toutes ces étapes. Aujourd’hui, être passé et surtout être le finaliste gagnant de la finale régionale, cela représente beaucoup pour moi. En soi, c’est vraiment cool, c’est comme une petite revanche. Sinon, dans quelques semaines, nous allons sortir un projet pour le début de l’été. Ce sera un single qui sortira le 24 mai, intitulé « POP ». Ce single sera inspiré de Dababy et NBA Youngboy, dans un style trap et influencé par le Bronx comme Kyle Richh. Pour moi, l’envoi de quelques singles est une priorité avec le Buzz Booster, car c’est aussi pour montrer de quoi nous sommes capables avant la finale nationale, à nos concurrents mais surtout à mes auditeurs. Nous envisageons également de sortir un projet potentiellement à la fin de l’année, mais pour le moment, rien n’est certain. Pour la finale nationale en juin, nous l’aborderons de la meilleure des façons : en donnant tout, et en travaillant un set solide avec mon équipe. Tout sera bien soigné pour préparer cette dernière étape de la meilleure des façons. Il y aura du niveau, si ça s’arrête, c’est comme ça. Mais je sais déjà que c’est ainsi que nous voulons arriver en juin : de manière solide et bien soignée.

Crédits : @mbro.pics et boogiesku

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